Maria,
je me souviens avoir ramené
de Grèce en France
un petit oiseau jaune
un vrai canari sauvage
qui s'était posé sur mon balcon
et n'était jamais reparti depuis.
Ma fille l'avait appelé Bush
à cause de son air souverain
ou peut-être de son rire enfantin.
Arrivés en France nous lui donnâmes
une vraie petite compagne,
canari français d'élevage
vrai petit poussin de batterie
engoncé dans son plumage
sur ses deux pieds posé
oiseau trop sage sur sa branche
aussitôt baptisé Poutine
sans me demander mon avis
par ma fille toujours aussi vive.
Le petit Bush
aussitôt impressionné
par l'oiseau idéal
venu dans sa cage
siffla, siffla, tant et tant de fois
et virevolta tant et tant de fois
pour impressionner sa compagne
qu'il ne comprit sans doute pas
pourquoi l'oiseau posé sur sa branche
ne daigna même pas lever la patte
alors qu'il faisait le paon comme tous les garçons.
Un matin au lever,
nous découvrîmes Poutine
tombé au pied de la cage
raide mort et pattes raides.
Bush assagi
soudain reposé
sifflait encore
posé sur sa branche
gardant son air souverain.
Avant d'entrer dans la cage
chacun doit l'autre connaître
car son pire ennemi
est souvent le plus proche.
"Mon Dieu, gardez-moi de mes amis.
Quant à mes ennemis, je m'en charge."
(Voltaire)