Parmi les instruments du Nordeste que j’affectionne, il y a le pife ( ou pifano ).

D’après ce que j’ai compris, c’est une flute d’origine indienne qui aurait été adoptée par les premières communautés chrétiennes du Nordeste pour célébrer la Vierge Marie.
Dotée de 7 trous, ( un pour souffler, 6 pour les doigtés ) en bambou mais aussi en métal, elle se joue traditionnellement dans des formations constituées de deux flutistes, caisse claire, tambour, grosse caisse, un triangle et un tambourin. Comme ici :
http://www.youtube.com/watch?v=ekNa4lNhchMLa première fois que j’ai entendu les mélopées étranges de ces flutes, c’était sur un disque de Gilberto Gil. Son disque Expresso 2222 s’ouvre sur une composition que Caetano a composée avec ( et pour ) la Banda de Pifes de Caruaru.
Pipoca modernoCaetano en fera d’ailleurs une version chantée merveilleuse, où son chant se substitue aux pifes.
IL y a plusieurs grands mestres du Pife. Et parmi eux, il y a une maestrina ;
Zabé da Loca, honorable senhora de 87 ans. Elle assure grave au pife. Elle vient tout juste de sortir un CD au Brésil qui pète le feu.
Zabe da Loca ao vivo em Joao Pessoa Et comme Silvio parlait de tradition et de transmission à propos du rabeca, quoi de plus beau que cette vidéo :
http://www.youtube.com/watch?v=pL6YoVqGa9ILa petite maison de Dona Zabé remplie d’enfants, venus apprendre le pifano auprès d’elle.